French Tech Night Nantes : remettre le participant au cœur de l’événement
Un dîner de networking sous les Nefs des Machines de l’Île, face à l’Éléphant, réunissant 500 dirigeants, entrepreneurs, investisseurs et acteurs de l’innovation. Sur le papier, la French Tech Night Nantes pourrait ressembler à une soirée business classique.
Pourtant, depuis sa première édition nantaise en 2025, La Cantine x French Tech Nantes en a fait un rendez-vous où le moindre détail est pensé pour favoriser les rencontres et faire vivre une véritable expérience.
Le 10 juin dernier, la deuxième édition a de nouveau investi les Nefs. Retour sur l'événement, avec Lise Thébault de La Cantine x French Tech Nantes et Quentin Vallier, de M45T et DBAM.
Un événement pensé en priorité par le prisme du participant
Pour La Cantine x La French Tech Nantes, le point de départ n'est ni le programme, ni la scénographie. Elle commence par l’écoute.
L’association interroge ses participants, analyse les retours des éditions précédentes et observe ce qui fait réellement la réussite de la soirée. Et les attentes sont assez claires : « aujourd’hui, quand on fait nos enquêtes internes, ce qui ressort le plus, c’est faciliter les mises en relation. Créer des opportunités, soit relationnelles, soit commerciales », explique Lise Thébault, directrice des productions événementielles de La Cantine x La French Tech Nantes.
Cette connaissance des participants influence ensuite toute la conception de l’événement. Les tables de dîner sont composées en fonction des profils, des enjeux et des complémentarités identifiées en amont. Une application permet de découvrir les personnes présentes avant la soirée, mais sans imposer de rendez-vous : chacun reste libre de provoquer les rencontres qui lui semblent pertinentes.
Même la taille des tables a été revue entre les deux éditions pour rendre les conversations plus faciles.
« Je trouve que, quand on analyse les données, c’est ce qui permet aussi parfois de prendre les meilleures décisions », souligne Lise Thébault.
Pour Quentin Vallier, dirigeant de M45T et de DBAM, cette démarche change aussi la manière de penser le rôle de l’organisateur : « Quand on travaille par ce biais-là, on s’enlève sa casquette d’organisateur et on se met dans le rôle de l’utilisateur. »
Autrement dit, avant de se demander ce que l’on va programmer, scénographier ou produire, il faut commencer par comprendre ce que l’on veut faire vivre.
Une soirée, plusieurs expériences
Une fois les besoins identifiés, reste à construire une soirée qui donne envie de rester, de circuler et de rencontrer.
La French Tech Night Nantes est pensée comme un parcours. Le showroom permet d’abord de découvrir une trentaine d’entreprises et de solutions innovantes du territoire. Puis vient le dîner, autour de tables de huit à dix personnes. Enfin, la soirée se poursuit dans une ambiance plus informelle, avec les business corners et le networking.
Chaque séquence possède son ambiance, son rythme et sa fonction.
« Le fait d’avoir vraiment ces espaces, les déplacements, un timing, fait qu’on amène finalement plusieurs soirées en une soirée », raconte Lise Thébault.
Les Nefs sont essentielles dans cette construction. Ces anciennes halles des chantiers navals, aujourd’hui offrent une multitude d’espaces et d’ambiances. Un potentiel que La Cantine exploite pour faire évoluer le parcours au fil de la soirée. En 2025, la « rue » avait servi de décor au dîner avant que les participants ne découvrent la Galerie des Machines transformée par la lumière en fin de soirée. En 2026, la French Tech Night a investi les halles et exploité leur hauteur avec des performances aériennes.
Le lieu devient ainsi bien plus qu’un cadre spectaculaire : il permet de faire évoluer l’expérience sans changer d’événement.
Le choix des Nefs a aussi une résonance particulière pour La Cantine. Pendant dix ans, elles ont accueilli le Web2day, événement emblématique de l’écosystème tech nantais. Revenir sous les Nefs, c’était donc retrouver un lieu familier, tout en imaginant une expérience radicalement différente.
Surprendre sans rien laisser au hasard
Pour créer cette expérience, il faut aussi savoir sortir du cadre sans perdre la maîtrise de l’événement.
C’est là que la production prend tout son sens : rendre les idées possibles. Quentin Vallier et les équipes de M45T et DBAM accompagnent La Cantine pour transformer leurs idées en dispositifs réalisables, sans que la technique ne devienne un frein à la créativité.
« Je pense que j’ai eu un rôle principalement de facilitateur et un rôle de rassurer un peu la Cantine quant à des choix un peu osés. »
Lors de la première édition, par exemple, les équipes ont dû installer en quelques heures une cinquantaine de projecteurs, une dizaine d’écrans et dresser toutes les tables dans la rue des Nefs. Un défi de production qui devait rester invisible pour les participants.
Car l’objectif n’est pas de produire de la technique pour la technique. « Tout est vraiment réfléchi avant tout par le prisme de l’expérience et pas par le prisme ni de la programmation ni de la technique », explique Quentin Vallier.
Même le dîner répond à cette logique. Gastronomique, végétarien, local et bas carbone, il a été pensé pour ne pas être vécu comme une contrainte, en accord avec le traiteur Ruffault. L’idée était de proposer « un repas comme les autres, sauf qu’il s’avère qu’il est bas carbone et végétarien et circuit court ».
Pour Lise Thébault, cette attention portée à l’expérience passe aussi par le rythme : « Ne jamais les laisser plus d’1h30, deux heures sans qu’il se passe quelque chose. »
Et pour Quentin Vallier, le principe pourrait finalement se résumer en quelques mots : « Surprendre et ne rien laisser au hasard. »
Cela peut être une performance aérienne, un changement d’ambiance ou une scénographie spectaculaire. Mais cela peut aussi être beaucoup plus simple : faciliter un déplacement, prévoir un espace où s’asseoir pour poursuivre une conversation, éviter un temps d’attente ou permettre à chacun de savoir facilement qui est présent.
La French Tech Night ne réinvente donc pas nécessairement les ingrédients de l’événementiel. Elle les assemble autrement, en partant d’une question simple : qu’est-ce que le participant va réellement vivre ?
Et c’est peut-être là que se joue la différence, entre un événement auquel on assiste et une expérience que l’on retient.
Une approche qui peut inspirer bien d’autres événements professionnels à Nantes, qu’il s’agisse d’une soirée de networking, d’une convention, d’un dîner d’affaires ou d’une soirée d’entreprise.